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Sh2-240 (T635)

Sh2-240  Simeis 147 Tamanti Sh2-240  Simeis 147  T635  BL 2010 12 09&10 OBP

Object information

Nom de l’objet : Simeis 147
Type de l’objet : Bright Nebula (Supernova remnant)
Magnitude : 99.99
Ascension droite : 05h 39m 50s
Déclinaison : 28° 00′ 21" N
Constellation : TAU

Observations Details

Date de l’observation : 09 déc. 2010 22:30 UT
Durée de l’observation : 420 min (!!!)
Position de l’objet : Alt: 65.2°, Az: 123.5°
Conditions météo : 16h: J++ V2/R4NW t6° hu? T1 22h00: N+++ V1/R3NW t1.5° hu46% SQMZ 21.32  SQMLZ 21.23
Conditions de l’observation : 22h & 02h mvlon(UMI)6.4 VI4, 6.6 non vue, T1 P1.5 S5/100
Lieu d’observation : Observatoire des Baronnies Provençales
Instrument : TN 635 Dobson Obsession
Oculaire principal : Televue Nagler 31mm Type 5
Barlow : (None)
Grossissement : 101x

Notes

x101  Nagler 31mm/OIII-12 nm

Les conditions pour une telle observation sont excellentes:

– miroirs primaire et secondaire, et oculaires ont été nettoyés la veille

– le ciel est beau, et très transparent

– la turbulence est forte, mais ceci n’a aucune importance sur ce genre d’observation (et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi d’observer Simies 147)

– la cible est à h ~ 70° pendant toute l’observation

– alors que j’ai utilisé exclusivement la configuration Nagler 31mm/OIII-12, je n’ai jamais eu la sensation d’un fond de ciel clair (ce qui est systématique en métropole, à l’inverse de la Namibie).

Je me suis d’abord cantonné à la partie Sud de la nébuleuse, la moins faible, et la seule (à l’exclusion du "croissant" NE) que j’avais perçue à Tivoli, en 2006. J’ai essayé les deux filtres, Astrodon OIII-5nm en 31.5mm, et Lumicon OIII-12nm en 50mm. Mais avec Panoptic 24mm/OIII-5, 130x, le champ est beaucoup trop petit. La question de savoir si un filtre est mieux que l’autre ne se pose donc pas. Donc, je suis passé au Nagler 31mm, et j’y suis resté toute l’observation (ainsi que celles de la deuxième partie de nuit, et du lendemain).

Je me suis constamment aidé de:

1) Guide8/nebulosities (sans image DSS), pour positionner les nébulosités par rapport aux étoiles, dont beaucoup sont suffisamment brillantes pour être ER* même avec le filtre

2) la photo de Sh2-240 de P. Candy, pour apprécier les nébulosités recherchées.

Je suis resté très appliqué, uniquement sur la partie S de la SNR et j’ai cherché et observé nervure après nervure.

La position de la bordure S de la SNR est bien positionnable grâce à l’astérisme Ferrero 5 (!), et à la double, optique et écartée, C*-D*, située à 25′ en AP ~ 250° de Ferrero 5. Avec ces deux repères, on a l’orientation du champ et son échelle.

A partir de là, la boucle principale m’est apparu sans que je la connaisse (ou plutôt sans que j’ai préalablement étudié et mémorisé Guide8/neb pour la situer à l’oculaire). Cette boucle part de E* (à 25′ de A*, en AP 122°) en direction de F*, tourne vers le N au droit de F* en décrivant un demi-cercle de 20′ de rayon, et continue vers l’W en chevauchant, d’E en W, le chapelet d’étoiles brillantes qui part de G* jusqu’à H*. [Note 2010 12 17: cette boucle correspond aux deux nervures SE de mon dessin de Tivoli 2006.]

Puis j’ai reconnu toute la zone située à l’E de cette boucle, en gros d’un diamètre de 25′, centrée sur I*, et j’ai pu individualiser sa nervure principale, qui est la continuation à l’E, et jusqu’à J*, du chapelet décrit ci avant.

La zone à laquelle je suis ensuite passé correspond à la prolongation W dudit chapelet, c’est à dire la nervure située entre A* et B* (la dualité de B* n’est même pas soupçonnée en raison de la forte turbulence et du G faible). Elle est à la fois facile et difficile: facile, car A* et B*, sont deux excellentes ER*, difficile par ce que je n’ai pas pu percevoir la dualité de cette nervure qui apparait bien sur Guide8/neb et sur l’image Candy: une moitié E, qui va de K* à L*, et une moitié W, qui va de M* à N*. [Note 2010 12 17: la moitié E correspond à la nervure supérieure SW de mon dessin de Tivoli 2006, la moitié W n’a pas été vue en 2006. De plus cette dualité m’apparaitra le lendemain soir] Difficile aussi car plus on va vers El Nath, plus les nébulosités sont enchevêtrées, et visuellement, on n’individualise plus rien, ni structure ni même luminosité [Note 2010 12 16: mais sera le contraire le lendemain soir!].

J’ai profité d’être focalisé sur cette partie S de la SNR, pour tenter d’apercevoir la "boucle de cheveux" qui prend racine au droit de H*. J’avais vainement essayé de la percevoir en 2006 à Tivoli, et j’en avais gardé un souvenir frustré. Ce soir, même si elle est difficile, elle est individualisée de façon certaine, d’autant qu’elle se termine au milieu d’un astérisme de 4 étoiles E/W, qui sont autant d’ER*.

La zone suivante à laquelle je me suis attelé est bien détachée, et facile à positionner grâce à A*, et à B* dans une moindre mesure. Il s’agit de la nervure qui va de O* à P*, et qui constitue la bordure SSW de la SNR. [Note cette zone correspond à la nervure inférieure SW de mon dessin de Tivoli 2006]

Au total, je suis resté deux heures uniquement sur la partir S de la SNR, mais j’en ai vu beaucoup plus qu’à Tivoli. Même si les nébulosités sont faibles, elles sont L1 et L2 (certaines seront mêmes estimées L3 le lendemain soir), et suffisamment non limite pour pouvoir être analysées. [Note 2010 12 17: tout ce Croa correspond aux traits blancs de mon croquis sur le fond de l’image de Candy]

La partie suivante du Croa est la suite de mon observation de Simies 147, commencée en première partie de nuit.

04h00: Le ciel est superbe; plus de vent. SQMZ et SQML-Z donnent des valeurs étonnamment faibles. J’aurais estimé le ciel à 21.50 ou plus; mais il est vrai que s’il est le contraire de "laiteux", je le trouve "lumineux"

x100 Nagler 31mm/OIII-12

Je m’attaque maintenant à la partie NE de la SNR.

Le "croissant" est bien vu, L1, quand on le connait. On peut le positionner précisément grâce au doublet Q1*-Q2*, et à l’astérisme en forme de croix en "X", dont le centre est R*. Cet astérisme est exactement au milieu de l’extrados du croissant. J’ai noté, sans la connaitre, une surbrillance, L2, en partie NW du croissant, et vérifiée ensuite sur Guide8/neb.

Le croissant se prolonge au NW, par deux fuseaux, limites au début, puis bien vus, L2, alors que le croissant devient L2 avec surbrillance L3.

Puis, je m’attaque à la nervure Nord (sur Guide8/neb, c’est celle qui part de S*, passe entre T* et U*, et se termine au droit d’un petit triplé de 12ème, dont la principale est V*, et j’ai étudié l’image avant d’observer). Je la vois immédiatement, en sachant qu’elle est dans le champ, mais sans savoir où elle est: la photo Candy confirme mon observation. Cette nervure se prolonge à l’W par une zone large et non sustructurée, tout au moins à première vue.

Mais il est 04h 58LT, El Nath se couche derrière l’observatoire, et je dois interrompre cette observation, que je reprendrai demain. Conclusion de cette nuit: Sh2-240 est une cible très difficile, mais qui se dévoile avec beaucoup d’efforts, de patience, et de temps. Néanmoins, je n’ai jamais eu la vision de nébulosités dans le champ: elles ne sont vues que si l’on sait où elles sont, et après observation attentive.

Continuation de mes observations de la nuit précédente de Sh2-240. Le ciel est quasiment copie conforme, de celui de la veille.

x101 Nagler 31mm/UHC

J’essaie l’UHC, à tout hasard. C’est nettement moins bon, le champ est très clair, et il n’y a aucun contraste.

x101 Nagler 31mm/OIII-12

Je reprends donc 100x/OIII-12, et j’y reste toute la nuit. Bien sûr, je me repère beaucoup plus facilement que hier, et je sais ce que je dois voir. Mais je suis surpris: les nébulosités sont nettes, faibles mais nettes. Je ne suis plus dans la limite, mais dans l’analyse. J’arrive à discerner les limites des nébulosités, des zones L2 apparaissent sur les zones L1. Toutes mes observations sont validées en faisant glisser le champ, et en vérifiant que les nébulosités glissent à l’identique. Je continue mon investigation qui consiste à observer détail après détail, nervure après nervure, zone après zone. Et je trouve que je vois des détails de plus en plus petits en surface, et de plus en plus précis. Bien sûr, je ne fais que:

1) analyser précisément les nébulosités de Guide8

2) observer le champ, le reconnaitre, et l’analyser

3) vérifier si ce que j’ai vu correspond bien à l’image de P. Candy.

Il n’est pas question de dessiner à l’oculaire, mais de reconnaitre si je vois ce que je dois voir. Et petit à petit, je valide la photo de Candy, en notant et écrivant directement sur celle ci avec le pinceau de Paint Shop Pro.

 

Sh2-240  Simies 147 Nikon P Candy

 

Toutes mes notes de cette première partie de nuit, de 22h30 à 00h10, correspondent aux annotations en vert sur la photo.

Après 1h30 d’observation, j’éprouve le besoin de souffler un peu; je mange une banane, et bois une tasse de café chaud. Et je reprends mes observations jusqu’à 01h30, où j’ai enfin terminé le tour des 360° de la SNR en me "raccordant" sur mes observations des deux nervures SW de la veille.

Je me rends compte que je vois de mieux en mieux; toutes mes estimations de luminosités de L(n) de la veille sont à remonter à L(n+1) ou L(n+2), et pour celles du début de cette nuit, L(n) doit être réévalué à L(n+1/2) ou L(n+1). Ainsi toute la zone S / SE / SW doit être L2 pour le fond, et L3 pour les nervures: cette zone est indiquée en jaune sur mon croquis.

Et, en plus, les nébulosités sont perçues rougeâtres !

Au total, j’aurai passé environ 8 heures sur Simeis 147, mais je peux dire que je l’ai résolu. Fin de mes notes in situ

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Note complémentaire 2010 12 18:

Une question m’a "trafiqué", dès le lendemain de cette observation: comment ai-je pu percevoir une couleur rouge, alors que j’ai constamment observé au travers d’un filtre OIII ?

Je crois avoir la réponse. Mon filtre OIII en 50 mm est un vieux Lumicon de 1998 ou 2000, d’avant la faillite. (A ce sujet, il est indéniablement plus sélectif que les Lumicon actuels, ce que j’ai pu vérifier à Tivoli avec Mathieu Pron qui était venu en 2008 avec ses filtres Lumicon récents. Sur un même objet, et au T508, les nouveaux filtres Lumicon OIII étaient à mi chemin entre les anciens filtres OIII et UHC de Lumicon.) Je crois me souvenir que la bande passante de ces anciens filtres remontaient à partir du rouge, et laissaient complètement passer le H alpha. La discussion suivante semble le confirmer: http://astrosurf.com/astropratique/028092.html

Mais j’ai une autre vérification: avec ce filtre ancien, plus les étoiles sont brillantes, plus elles sont rouges. Alors que j’ai acquis dernièrement un filtre OIII Astrodon de 5 nm. La bande de ce filtre est uniquement sur le 5007 A, et arrête tout le reste; et effectivement, avec ce filtre, plus les étoiles sont brillantes, plus elles sont vertes.

Enfin, j’ai mis beaucoup de temps, au traitement, pour reconstituer la teinte. Celle que j’ai vue était plus mate, plus sombre, (ce que je ne peux pas rendre sur un écran de PC), mais la teinte, en elle même, c’est à dire la composition RVB, était vraiment celle de mon dessin. Elle était limite en perception, à cause de la faiblesse de sa luminosité, mais parfaitement analysable en tant que couleur.

BL 2010 12 18

A* SAO 77350, m6.450V

B* SAO 77322, m6.553V

C* SAO 77412, m8.458V

D* SAO 77407, m8.329V

E* GSC 1869 286, m11.8B

F* TYC 11.493V

G* SAO 77432, m9.035V

H* TYC 1869 1091, m10.199V

I* TYC 10.209V

J* TYC 1870 824, m10.526V

K* GSC 1869 780, m13.7B

L* GSC 1869 884, m12.0B

M* GSC 1869 1143, m12.9B

N* GSC 1856 385, m12.4B

O* RR Tau, TYC 1869 335, m11.284V

P* TYC 1869 1015, m10.479V

Q1* SAO 77498, m8.424V

Q2* SAO 77495, m8.086V

R* TYC 1874 729, m11.253V

S* SAO 77386, m9.185V

T* SAO 77381, m7.031V

U* SAO 77354, m5.989V

V* TYC 1873 586, m9.828V

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